Déclaration conjointe de M. Emmanuel Macron, président de la République et de M. Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l’Europe - Propos de M. Emmanuel Macron

Paris, 6 mai 2019

Bonjour, Mesdames et Messieurs.

Bonjour. Je me réjouis une nouvelle fois d’accueillir le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Monsieur Jagland, en ce moment si symbolique. Il y a 70 ans, hier exactement, dix pays européens, dont le vôtre, la Norvège, et la France, signaient le traité de Londres instituant le Conseil de l’Europe. Et dans quelques jours, la France prendra la présidence de ce Conseil pour six mois.

Durant ces 70 années, le Conseil de l’Europe a permis de réaliser des progrès considérables pour protéger les droits de l’Homme, l’État de droit et la démocratie au sein des 47 États membres qu’il compte désormais. La Cour européenne des droits de l’Homme, devant laquelle j’ai eu l’honneur de m’exprimer, en est la garante et offre une protection juridique à plus de 800 millions d’Européens.

Le Conseil de l’Europe fête son 70ème anniversaire, mais il est aujourd’hui mis à l’épreuve.

D’abord dans son fonctionnement-même, dans sa vocation d’être la « maison commune » des Européens, et je souhaite, à cet égard, que la Russie reste au sein du Conseil de l’Europe. Le Conseil de l’Europe a besoin de la Russie comme la Russie et les Russes ont besoin du Conseil de l’Europe, ce qui suppose que ces droits d’États membres soient respectés mais aussi que la Russie remplisse ses obligations à l’égard de l’institution.

Ensuite, le Conseil de l’Europe est mis à l’épreuve dans les valeurs de démocratie et de respect de l’État de droit qu’il porte et défend, et qui sont aujourd’hui remises en cause dans plusieurs États membres. Ce sont ces défis que le Conseil de l’Europe doit relever aujourd’hui, et ces défis qui le rendent, plus que jamais, indispensable pour rapprocher les peuples, apaiser nos sociétés et défendre les principes et valeurs qui sont notre patrimoine commun.

C’est pourquoi je souhaite m’engager pour que le Conseil de l’Europe surmonte la crise actuelle et puisse se tourner résolument vers l’avenir en adaptant sa protection des droits de l’Homme aux défis d’aujourd’hui et en ressortant plus fort encore de cette période. Je sais que nous pouvons compter sur vous, Monsieur le secrétaire général, pour mettre à profit ces derniers mois de mandat pour faire progresser le Conseil de l’Europe dans cette voie. Je souhaite que notre présidence permette d’engager, avec ces 47 États-membres, une réflexion sur l’avenir du Conseil de l’Europe pour les décennies à venir en matière de santé, d’innovation et bien d’autres sujets.

À vos côtés, je souhaite donc que la présidence française s’engage sur plusieurs priorités. D’abord consolider les acquis du Conseil de l’Europe, en particulier le système européen de protection des droits de l’homme. Ensuite, renforcer notre combat pour l’égalité grâce à l’universalisation de la convention de lutte contre les violences faites aux femmes, et la cohésion entre les peuples européens, c’est le sens du projet d’observatoire sur l’enseignement de l’histoire, dont je soutiens la création, et enfin répondre au défi des nouvelles technologies. Le projet d’une convention sur l’intelligence artificielle et les droits de l’Homme sera porté notamment dans le cadre de la réunion des ministres de la justice que nous organisons en octobre.

C’est ainsi que la grande Europe peut et doit, elle aussi, retrouver un sens profond et le sens d’un projet commun ambitieux. C’est ce à quoi, depuis le début de votre action, vous avez oeuvré, et ce pour quoi nous nous battrons durant cette présidence française. Merci, Monsieur le Secrétaire général, d’être à Paris aujourd’hui./.

Dernière modification : 08/05/2019

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