Conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, en introduction de la conférence de presse conjointe avec M. Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Lyon, 10/10/2019)

(seul le prononcé fait foi)

Merci Peter,

Merci à vous, Monsieur le Directeur général du Fonds mondial.

Mesdames, Messieurs, donc Peter Sands vient de rappeler les chiffres. Et le fait que les derniers jours, les dernières heures, et les dernières minutes, même comme vous l’avez vu, sans doute un instant, on fait bouger beaucoup de choses. Et beaucoup de pays se sont mis dans la dynamique qui vient d’être évoquée.
La France, comme je le disais tout à l’heure, a pris ses responsabilités, en augmentant de 20% son effort. Et nous considérions que c’était, en effet, une nécessité à la fois, parce que depuis le début la France croit au Fonds mondial à cet engagement, parce que je l’ai rappelé à plusieurs reprises, hier soir et ce matin, nous sommes à un moment de cette bataille qui est absolument décisif. Il nous fallait aussi montrer en quelque sorte l’exemple.

Nous avons vu ces dernières heures que beaucoup de pays ont bougé, sont rentrés dans cette dynamique qui a permis d’atteindre le chiffre que vous venez d’évoquer, et de remplir l’objectif que nous nous étions fixé. Mais je n’oublie pas que, pour beaucoup des populations qui sont touchées, des pays qui attendent de l’aide, des organisations non gouvernementales et associations qui se sont engagées dans ce combat, les 14 milliards étaient un plancher.

Et donc nous allons continuer à nous mobiliser aussi pour poursuivre ces levées, continuer à mobiliser le secteur public comme le secteur privé. Vous l’avez dit, et je pense que la conférence qui s’est tenue, aujourd’hui, à Lyon était pour moi un point très important. D’abord, c’est la démonstration contrairement à ce que beaucoup pensent ou voudraient faire croire que, le multilatéralisme n’est, ni mort ni à l’arrêt.
Il y a trois ans dans un tout autre contexte international 12,2 milliards de dollars avaient été levés. Aujourd’hui dans un moment difficile du multilatéralisme de crispations fortes, ce sont plus de 14 milliards de dollars que nous allons réussir à lever. En maintenant la dynamique, et je veux vraiment remercier tous les pays qui ont accompagné cet effort.

Vous les avez rappelés. Tous ceux que j’ai cités, tout à l’heure, qui ont fait l’effort en annonçant, parfois tôt, ou en se réveillant aussi à la dernière minute. Je veux également remercier le secteur privé et, évidemment, la Fondation Gates qui, y compris, a suivi les efforts de dernière minute comme l’initiative RED menée par Bono.

Permettez-moi de remercier aussi l’équipe de France, parce que ce fut une mobilisation, ce fut la mobilisation de tout le réseau diplomatique français, durant des mois et des mois, auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères pour y aller. Ce fut la mobilisation de la ministre de la santé et des solidarités qui s’est, elle-même, impliquée dans toutes ces relations bilatérales, dans tous ces échanges et qui, si je puis dire, à dupliquer l’effort.

Et de vous, Madame l’Ambassadrice, qui avez été nommée, et qui avec coeur et détermination, avez durant, enfin dès que la France s’est engagée à accueillir cette conférence, eh bien, vous n’avez jamais cessé et ça va continuer.

Donc vraiment, je voulais remercier l’équipe de France qui est avec l’équipe du Fonds mondial, à mener un travail remarquable durant ces derniers mois, les derniers jours, ont eu peu d’heures de sommeil. Et je sais combien cet effort aussi est couronné à mes yeux, par véritablement, un succès était attendu. Ça a été beaucoup dit, durant ces jours.

Ce ne sont pas simplement des chiffres, ce sont des vies. Et ce matin, on l’a encore vu avec Amanda et beaucoup d’autres. Chaque fois, on ne peut pas ne pas être bouleversé par ce qu’il y a derrière l’action du Fonds. Donc nous nous sommes donné simplement les moyens de sauver, au moins, 16 millions de vies en plus.
Je pense qu’on peut faire beaucoup plus. Et la capacité à éradiquer ces trois pandémies, que sont la malaria, la tuberculose et le sida dans les prochaines années, de conjurer le sort, de conjurer parfois l’odieux, quand on voit le Sahel, j’ai vu plusieurs présidents dans la région du Sahel, ce matin. Ils ont à vivre le terrorisme, l’insécurité, les attaques contre l’état lui-même, et le retour du paludisme.

La réémergence du voyage, personne d’autre ne peut accepter ça. Et donc nous nous sommes juste donné les moyens de continuer à accélérer le combat pour véritablement l’emporter, et les aider à l’emporter. Je l’ai dit, en parallèle de cet effort, nous allons travailler maintenant très activement avec le Fonds mondial, et beaucoup plus activement. D’abord, pour vraiment être des partenaires de la stratégie, dans les pays cibles les pays, les plus pauvres, les pays qui sont les plus loin. Et c’est aussi pour cela que, cet engagement ne s’arrête pas aujourd’hui.
Et vous pouvez compter sur moi, Monsieur le Directeur général, Monsieur le Président et toute l’équipe du Fonds mondial, pour continuer ce partenariat étroit. Nous serons dans quelques semaines, ensemble en Côte d’Ivoire. Et nous signerons un partenariat nouveau inédit, entre l’Agence française de développement et le Fonds mondial, pour mettre en oeuvre ce que j’expliquais tout à l’heure, c’est-à-dire en plus de notre engagement dans le Fonds mondial, nous réengager, nous France, dans une série de relations bilatérales, pour aider les pays à reconstituer leurs réseaux de soins primaires, à faire ce qui est nécessaire en plus de ce que fait le Fonds, et en partenariat complet pour rendre, encore plus efficace, l’action, la pénétration, et redoubler nos efforts. Et c’est tout ce travail que je veux pouvoir engager dans les prochaines années à vos côtés. Voilà mesdames et messieurs ce que je voulais dire.

Le 1er décembre prochain sera évidemment une date à nouveau de mobilisation, dans tous nos pays. Et je veux que, le 1er décembre prochain, nous puissions annoncer des engagements nouveaux supplémentaires, des résultats supplémentaires au-delà de ce que nous avons annoncé à Lyon parce qu’il y a encore beaucoup qui souhaitent bouger, qui souhaitent faire avec nous et donc comptez sur moi pour que ce que nous avons collectivement réussi à Lyon et que beaucoup croyait impossible nous le poursuivions le 1er décembre et encore pendant des mois et des années pour véritablement gagner la bataille contre ces pandémies.
Merci, merci cher Peter. Je crois qu’on va répondre à vos questions maintenant./.

(Source : service de presse et veille de la présidence de la République)

Dernière modification : 14/10/2019

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