Conférence de presse de Mme Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances, de Mme Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et de M. Jo Swyngedouw, président de l’Autorité bancaire européenne

Propos de Mme Nathalie Loiseau (Paris, 6 mars 2019)

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Directeurs généraux et Directeurs,
Mesdames et Messieurs,

Laissez-moi vous dire ce soir : bienvenue au Quai d’Orsay et aussi, aux membres de l’ABE, bienvenue à Paris.

Ce soir est un moment important mais aussi un moment agréable, celui de la signature de l’accord de siège de l’Autorité bancaire européenne, celle que l’on appelle l’ABE, ou EBA.

Cet accord établit les modalités d’hébergement de l’Autorité et formalise la relocalisation en France de l’ABE. Cet événement constitue à la fois l’une des premières conséquences concrètes du Brexit, un succès pour la France et une chance pour l’Autorité. Une des premières conséquences concrètes du Brexit, puisque les deux agences européennes précédemment hébergées par Londres sont désormais relocalisées sur le continent.

Soyez-en sûrs, je respecte la décision de nos amis britanniques de quitter l’Union européenne, je la respecte, mais je la regrette. Nous serons moins forts séparés qu’ensemble quoique nous fassions.

Alors, accueillir la relocalisation d’une agence est finalement l’une des rares conséquences positives du Brexit et, tant pis, ne boudons pas notre plaisir. C’est aussi un beau succès pour la France et une fierté pour Paris. J’y vois la reconnaissance de l’attractivité de notre pays, aussi bien pour les institutions internationales que pour les entreprises. Le gouvernement ainsi que nos territoires y travaillent, grâce notamment à l’organisation régulière de nos sommets Choose France.

Par ailleurs, l’installation de l’ABE vient renforcer encore la légitimité de Paris comme pôle de la régulation financière puisque nous avons déjà l’honneur d’héberger depuis 2011 l’Autorité européenne des marchés financiers, l’ESMA.

Le secteur financier établi au Royaume-Uni regarde vers Dublin, certes, vers Francfort, oui, mais aussi vers Paris et nous sommes mobilisés pour cela.
C’est enfin un défi mais aussi et surtout une chance pour l’ABE. Moi qui ai travaillé sur les cinq continents, je mesure ce que veut dire un déménagement international pour une institution comme pour les agents qui y travaillent et leurs familles. Mais je suis confiante car vous trouverez à Paris et dans la région Île-de-France un environnement propice pour vivre, pour travailler et pour remplir votre mission.

Avant de passer la parole à Agnès Pannier-Runacher, je tiens à remercier l’ensemble des personnes présentes pour leur mobilisation et celle de leur service.

Ce soir, c’est le travail collectif de l’équipe de France qui a payé pour le bien de l’Union toute entière. J’ai aussi une pensée particulière pour mon homologue irlandaise, Helen McEntee et pour cette réunion du Conseil affaires générales mémorable où Dublin et Paris seront finalement départagés par un tirage au sort. Mais, comme me l’avait appris un correspondant de guerre, la chance est une des formes du talent.
Pensée particulière encore pour Benjamin Griveaux, puisqu’il a conduit la campagne pour accueillir l’Autorité bancaire européenne à Paris et que je me souviens de ses efforts, de ses voyages ; je n’ai eu, après tout, qu’à terminer son travail.

Nous pouvons avoir avec nos amis irlandais, puisque je parlais d’Helen McEntee, des différences d’approche sur certaines politiques communautaires, je sais que les représentants ici du ministère des finances ne me démentiront pas. Mais nous sommes extrêmement proches pour tout ce qui touche au Brexit et, en somme, au total, bien plus souvent partenaires que concurrents.

Pour conclure, je présente mes meilleurs vœux de succès à l’Autorité dans sa nouvelle localisation. Pour construire l’Europe qui protège, que demandent nos concitoyens, l’ABE a un rôle essentiel à jouer et nos concitoyens comptent sur vous. Une nouvelle fois, bienvenue à Paris.

Q - Madame la Ministre, vous vous rendez ce soir à Londres, avec un agenda très chargé demain. Vous allez notamment rencontrer le ministre en charge du Brexit et tout cela à quelques jours d’un vote crucial en Grande-Bretagne, peut-être même trois votes d’ailleurs. Quel message souhaitez-vous délivrer aux Britanniques demain à trois semaines d’un Brexit alors que les négociations patinent toujours ?

R - Le message que je vais délivrer aux autorités britanniques, c’est le même que celui que Michel Barnier et que nos partenaires de l’Union européennes délivrons. Ce Brexit peut se passer en douceur, toutes les conditions sont réunies, nous avons travaillé à un accord de retrait qui permet de se séparer sans difficultés. Cet accord de retrait a nécessité beaucoup de travail. C’est le meilleur accord possible et c’est même le seul, il ne peut pas être ré-ouvert.

Si des clarifications doivent être faites, elles le seront sous réserve évidemment qu’elles ne contredisent pas ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord. Et, en ce moment, Michel Barnier travaille avec la délégation britannique pour voir si nous pouvons apporter des clarifications supplémentaires. Mais c’est vraiment la meilleure des solutions.

Je m’y rendrai aussi pour rencontrer la communauté française qui est dans l’incertitude. Et, comme partout et comme toujours, l’incertitude crée l’inquiétude, surtout que nous sommes à peu de jours de la date prévue pour le retrait britannique.

Nous sommes prêts pour tous les scénarios, avec une préférence marquée pour un retrait en douceur. Mais s’il devait y avoir un Brexit sans accord nous serons également prêts, et c’est ce que je veux dire à la communauté française qui vit au Royaume-Uni : nous prendrons en compte leurs intérêts, leurs besoins, leurs situations. Et je serai là à la fois pour leur donner des assurances et pour répondre à leurs questions, écouter aussi ce qu’ils ont à me dire.

Q - Est-ce que, parmi les assurances que vous donnez à Mme May, il y a celle de la possibilité d’un report au-delà du 30 mars, que vous pourriez appuyer éventuellement ?

R - Aujourd’hui, Mme May n’a pas formellement demandé de report. Le report fait partie des amendements qui ont été votés par la Chambre des Communes, si nous ne mettions pas d’accord patent sur la ratification de l’accord de retrait.
Ce que nous avons dit et ce que je peux redire aujourd’hui, mais cette position est connue, c’est : pourrions-nous faire un report de la date du retrait sans aucune raison ? Non. Parce que ce qui a été discuté depuis deux ans, il n’y a pas de raison qu’il y ait des éléments nouveaux. Si Mme May vient avec une proposition nouvelle, en particulier sur la relation future, que cette proposition est crédible parce qu’appuyée par la Chambre des Communes et qu’elle correspond aux intérêts des Européens, nous n’aurions à ce moment pas de raison de refuser un report, sous réserve que ce report soit d’une durée limitée. Vous n’oubliez pas que les élections européennes auront lieu à la fin du mois de mai et j’ai du mal à imaginer que le gouvernement britannique ait envie d’organiser des élections au Royaume-Uni pour le Parlement européen juste avant de quitter l’Union européenne./.

Dernière modification : 11/03/2019

Haut de page