Concert Mario Canonge [中文]

Sauts de tambour bèlè et grande entrée de ronde en l’honneur de Mario Canonge !

Il nous a donné là un grand tour de plaisir, nous nous réjouissons, la musique est douce et emportée, le corps vibre et repose en même temps. C’est une grande réussite, de rassembler les puissances et les séductions du jazz, de la biguine, du bèlè, du Gwo Ka et de combien d’autres formes d’expression de nos régions américaines, de les marier sous un grand flamboyant, et d’obtenir non pas une sorte de migan informe, mais quelque chose de nouveau, d’inattendu, d’exaltant. Là est le secret de toute distillation créole, d’inventer à partir de sources sans se perdre dans des mécanismes stérilisants. La manière dont les voix bèlè et Gwo Ka interviennent par exemple comme de véritables instruments, pour conclure et pour rythmer en même temps, est un vrai bonheur.

Œuvre d’art qui nous inspire, « Rhizome » mérite bien son titre générique : de toutes les racines ici mélangées, aucune ne tue l’autre, pas une n’est trahie, et elles concourent toutes à une végétation hardie et renouvelée.
Il en est de même pour les musiciens qui accompagnent monsieur Canonge. Ils se sont fondus dans le projet général, mais ils ont gardé leurs stridences et leurs douceurs particulières, ils réussissent à fondre leurs solos dans la partition de tous, on les distingue aisément mais on ne saurait les séparer : Michel Alibo, Antonio Sanchez, Jacques Schwarz Bart, Roy Hargrove, Richard Bona, Jean Pierre Koquerel, Gino Sitson...

Pour Mario Canonge, avec ses frappes, ses sauts et ses sursauts, ses descentes vibrantes dans une joie universelle, ses crispations dans la douleur partagée, ses suavités et ses révoltes, il met la musique au service de tous, sans la rabaisser à aucune complaisance. Mais sans la contraindre non plus à l’ennui paralysant des démonstrations d’idées ou de revendications. Quelle fête !

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Dernière modification : 15/08/2014

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