Classement de Shanghai 2014 : la France se maintient dans un contexte de compétition mondiale accrue

La dernière édition de l’Academic Ranking of World Universities (ARWU), également appelé « classement de Shanghai », a été publiée le 15 août 2014. Ce classement des meilleures universités de recherche du monde est réalisé de manière indépendante depuis 2003 par le Centre d’étude des universités mondiales de 1er rang, créé par M. Liu Niancai, professeur de chimie à l’Université Jiaotong de Shanghai.
Cette année, la France se maintient à la 6e place mondiale avec 21 établissements classés dont quatre dans le top 100.

Quelle place pour la France dans le classement de 2014 ?

Au classement général, la France reste le sixième pays le plus représenté, derrière les Etats-Unis (146 établissements), la Chine (44), l’Allemagne (39) et le Royaume-Uni (38). L’université Pierre-et-Marie-Curie, classée 35e, est le premier établissement français. Les autres classés dans le top 100 sont Paris Sud Orsay (42e), l’Ecole normale supérieure de Paris (67e) et l’université de Strasbourg (95e).

Outre celles-ci, trois universités françaises sont dans le top 150 (Aix-Marseille, Joseph-Fourier de Grenoble, Paris Diderot), une dans le top 200 (Paris Descartes), six dans le top 300 (Bordeaux, Lorraine, Claude-Bernard Lyon 1, Paul-Sabatier à Toulouse, Montpellier 2, l’ENS Lyon), trois dans le top 400 (Polytechnique, l’ESPCI Paris Tech, Paris Dauphine) et quatre autres dans le top 500 (Mines Paris Tech, Nice Sophia Antipolis, Rennes 1 et Auvergne).

Grâce à la fusion, en 2009, de trois entités en une seule, Strasbourg a atteint l’envergure et la notoriété qui la rendent considérable aux yeux de tels classements. Depuis 2012, c’est le cas également d’Aix-Marseille, qui se situe entre la 101e et la 150e place cette année, ou l’université de Lorraine (située entre la 201e et la 300e place).

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La montée en puissance des universités chinoises

La Chine confirme sa progression depuis deux ans grâce à la hausse du nombre de ses publications mondiales, avec 44 universités dans le top 500, se plaçant ainsi derrière les Etats-Unis (146), en tête, et devant l’Allemagne (39).

Parmi les universités chinoises les mieux classées figurent trois universités de la circonscription : l’Université Fudan, Shanghai Jiaotong ainsi que l’Université du Zhejiang. Deux universités pékinoises sont également dans le top 5 chinois : l’Université de Pékin et l’Université Tsinghua.

En effet, la Chine poursuit son ascension, elle n’avait que 16 universités dans les 500 meilleures en 2004, et seulement une dans les 200 mieux classées. La Chine cherche à se conformer au classement et à répondre aux différents critères du classement, ce qui explique que le pays a augmenté ses publications scientifiques de 230% en 10 et que les universités chinoises publieront bientôt autant de travaux que les Etats-Unis.

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Un classement des universités mondiales controversé

Tous les établissements français (en dehors des rassemblements d’établissements) classés dans le top 200 sont des établissements spécialisés dans les sciences dures (médecine, mathématiques, physique, chimie) et les technologies (ingénierie). Un établissement réputé pour son enseignement en sciences humaines ou sociales et dont les équipes de recherche ne publieraient que peu ou pas en anglais n’a donc aucune chance d’apparaître dans l’ARWU.

De plus, ce classement est clairement « calibré » sur le mode de fonctionnement des universités américaines et ignore les spécificités de la recherche et de l’enseignement dans des pays autres qu’anglo-saxons. La méthodologie retenue - accent mis sur les performances en matière de recherche et non pas sur la qualité de l’enseignement, prise en compte presque exclusive des publications en langue anglaise - défavorise les établissements français, en raison d’un paysage morcelé et des dichotomies entre universités, grandes écoles et centres de recherche (CERN, Inserm…).

Ainsi, si certaines universités françaises sont assez bien représentées, les grandes écoles, excepté les ENS, sont presque totalement absentes du classement ARWU. Rappelons que les auteurs n’ayant initialement que peu de moyens pour mener leurs recherches, le classement repose entièrement sur des données accessibles sur internet et ne prend donc pas en compte les méthodes ou la qualité de l’enseignement autrement que par la mesure du nombre de médailles Fields ou de prix Nobel.

Si ce classement est attendu et commenté dans de nombreux pays européens, force est de constater qu’il est accueilli avec une certaine indifférence en Chine. Le peu de commentaires sur la Toile chinoise se sont bornés à commenter, sous un ton plutôt neutre, la progression des établissements chinois ainsi que le caractère très théorique de ce classement.

Par ailleurs, notons que pour concurrencer le classement de Shanghai, l’Union européenne a créé en mai 2014 son premier classement, U-Multirank.

Dernière modification : 16/09/2019

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