Gazette de Changhai - 77 : L’Assistance Publique de la Municipalité (2)

La Caisse des Oeuvres d’intérêt public (COIP) créa plusieurs établissements hospitaliers dont les soins furent prodigués aux indigents, chinois et russes pour la plupart. Un dispensaire fut ouvert en 1931, suivi par un institut prophylactique trois ans plus tard Mais la caisse aida également financièrement toute une série d’établissements de santé qui avaient été créés par les religieux au fil des années, en commençant par la Maison Centrale et l’hôpital Saint Antoine fondés par les Filles de la Charité en 1909.

Les institutions crées par la Caisse des Œuvres d’Intérêt Public.

La société Française de bienfaisance

Dès 1910, les résidents français de Changhai décidèrent de créer une structure pour venir en aide aux personnes de nationalité française qui rencontraient des difficultés financières. La Caisse des Oeuvres d’Intérêt Public reprit l’initiative dès sa création.
Les subventions s’étendirent aussi au rapatriement des français qui par mauvaise fortune devenaient indigents. Dans les années trente, furent ainsi rapatriés une moyenne de 15 personnes par an. Il s’agissait pour la plupart d’entrepreneurs ruinés, de personnes ne retrouvant pas de travail, de femmes divorcées.

Le Dispensaire Municipal

JPEGLe dispensaire fut ouvert au public en Janvier 1931 dans la rue Amiral Bayle (Huangpi nan lu) et se vit très vite fréquenté par une multitude de chinois et de russes. Les maladies les plus fréquemment soignées étaient les maladies de peau, les affections des yeux et les problèmes dentaires.
Le dispensaire était géré directement par le Docteur Rabaute, responsable des services d’hygiène de la Municipalité.
Les patients venaient des couches les plus pauvres : coolies, tireurs de pousse, apprentis, petits commerçants. Jusqu’en 1936, les services furent gratuits, et en 1937 fut instauré une participation de 5 centime par visite, ce qui représentait le prix d’un repas de coolie. Le docteur Rabaute s’insurgea contre la mesure, mais rien n’y fit.

L’Institut Prophylactique

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Institut prophylactique de Shanghai

En 1934, le docteur Rabaute écrivit un long rapport à la Municipalité visant à solliciter leur aide pour créer un service traitant les maladies sexuellement transmissibles (MST).
Depuis 1923, la Concession Internationale avait en effet crée un tel service au sein de l’Hôpital Général et réservé aux étrangers. Ils y traitaient une moyenne de 60 patients par jour, dont 20% se disaient être résidents de la Concession française…. ou avoir été infectés une prostituée officiant sur son territoire.
En décembre 1934, la Municipalité accéda à sa requête et l’Institut Prophylactique fut crée. Le docteur Palud en fut nommé responsable et le docteur Viéron fut mis en charge des prostituées. Ils étaient assistés d’infirmières chinoises et russes. Les consultations et les traitements étaient payants, mais à un coût presque 10 fois inférieur à celui qui se pratiquait en médecine privée.

Le soutien aux initiatives de santé des congrégations religieuses

Le COIP contribua également au fonctionnement des institutions de santé dont l’existence précédait celle de sa création.
Il en fut ainsi pour toute une série d’hôpitaux gérés par les congrégations religieuses.

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La Maison Centrale des Filles de la Charité

Les premières religieuses de l’ordre de la Charité arrivèrent à Changhai en 1847. Dès 1863 elles furent impliquées dans l’Hôpital Général en y assurant l‘encadrement infirmier. En 1913, elles quittèrent l’Hôpital Général pour encadrer les infirmières de l’Hôpital Sainte Marie, crée par les Jésuites 6 ans auparavant.
Entretemps, elles avaient crée en 1909 un dispensaire et un hôpital, connu sous le nom de la « Maison Centrale » et « l’Hôpital Saint Antoine », tous deux situés au nord de l’Université Aurore, sur l‘avenue Dubail (Chongqing lu). Après un terrible incendie en 1913, les bâtiments furent reconstruits et agrandis 7 ans plus tard. En 1932, l’hôpital reçut 967 malades tandis que le dispensaire soigna plus de trois cent mille indigents.
Le chiffre se mit à décroitre après l’ouverture du Pavillon St Vincent pour les indigents construit en 1935 dans l’enceinte de l’Hôpital Sainte Marie et dont nous reparlerons.
Pendant toutes les années trente, le COIP intervint à concurrence de onze à quinze mille Dollars par an.

L’Association de charité du Bon Pasteur

L’association de charité Bon Pasteur fut crée à l’initiative de la Mission du Jiangnan en 1917. Son siège se situait au 910, avenue Pétain (Hengshan lu) et accueillait les jeunes filles abandonnées ou menacées.
Le refuge vivait de dons et de charité, ainsi que du produit de la vente des travaux exécutés par ses pensionnaires. L’association avait de la peine à nouer les deux bouts, aussi elle sollicita le COIP pour de l’aide, que celui-ci lui accorda à partir de 1934 à hauteur d’environ 2000 Dollars par an.


L’hôpital chinois Saint Joseph fut également une institution religieuse aidée par la COIP. Cet hôpital avait été crée par le philanthrope catholique Joseph Lo Pa Hong dont nous parlerons dans le prochain article. Restez branchés…

Dernière modification : 18/06/2015

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