Campus France et la mobilité encadrée en circonscription de Shanghai [中文]

Le nombre d’étudiants chinois désireux de poursuivre leurs études à l’étranger est sans cesse en augmentation. En France, ils représentent aujourd’hui la deuxième population d’étudiants étrangers et pourraient bientôt arriver en tête. Pour comprendre cette marque de confiance réaffirmée chaque année, la Lettre de Shanghai a interrogé Siegfried FAU, responsable de l’espace Campus France de notre ville.

Lettre de Shanghai : En tant que responsable de l’espace Campus France de Shanghai, pouvez-vous présenter l’institution ainsi que vos missions ?

Siegfried FAU : Campus France est l’agence du gouvernement français dédiée à la mobilité internationale, universitaire et scientifique, sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, représentés au Consulat par le service de coopération universitaire. Son objectif est de promouvoir les formations supérieures françaises dans le monde et d’offrir aux étudiants étrangers un parcours de réussite dans l’accès aux études supérieures en France, du pays de départ au pays d’accueil, de la première information jusqu’au séjour en France et au retour dans le pays d’origine. Campus France dispose pour cela de 131 espaces et de 37 antennes implantés dans 103 pays.

Cérémonie d'ouverture du mois de la France à l'institut d'économie et de management de Shanghai-Jiaotong Antai. - JPEG

Nos quatre missions principales :

- La promotion de l’enseignement supérieur français en Chine  : Il s’agit d’attirer des étudiants chinois de qualité vers nos établissements, en priorité aux niveaux master et doctorat. Pour cela, nous participons à des salons d’éducation nationaux, notamment en octobre – le China Education Expo – et en mars – le China International Education Expo, permettant notamment aux établissements français de rencontrer leurs possibles futurs étudiants en entretiens face à face.
Nous organisons également des rencontres avec les écoles doctorales, la promotion de filières spécifiques (art...) ou des formations anglophones, des conférences sur les campus chinois, des journées portes ouvertes, des séminaires « Bienvenue en France » sur les questions pratiques de la vie en France ou des conférences d’établissements.

- L’orientation des étudiants chinois  : Campus France propose un service d’information et d’orientation (brochures, entretiens d’orientation...) à destination des étudiants, pour les aider à bâtir leur parcours de mobilité académique.

- L’animation d’un réseau d’anciens élèves chinois en France, le Club France, fort aujourd’hui de 3.000 membres, dont la vocation est de rassembler les anciens étudiants et stagiaires chinois formés ou diplômés en France.

- L’évaluation des projets académiques : Campus France a le rôle de premier guichet pour l’examen pré-consulaire des dossiers des étudiants en partance pour la France dans le cadre d’un long séjour (c’est à dire une durée d’études supérieure à 3 mois) et demandant le visa correspondant.

LS : Quelle est l’ampleur de la mobilité étudiante vers la France et les perspectives de développement pour Campus France ?

SF : Le nombre total d’étudiants chinois qui sont en cours d’études en France s’élève en 2011 à environ 30.000, soit 10 % de l’ensemble des étudiants étrangers en France. Ce chiffre est resté stable par rapport à 2010. Les étudiants chinois représentent ainsi la 2ème population d’étudiants étrangers en France après les Marocains, et pourraient peut-être devenir la première dès cette année. La France est ainsi le 6ème pays d’accueil des étudiants chinois, derrière les Etats-Unis (124.225), le Japon (79.394), l’Australie (70.357), le Royaume Uni (47.033) et la Corée du Sud (39.309).

Chaque année, ce sont près de 10 000 étudiants chinois qui font le choix de la France pour y poursuivre leurs études. - JPEG

En termes de flux, 10.000 étudiants chinois environ partent en France chaque année. En 2011, 25 % d’entre eux sont partis dans le cadre d’un accord de coopération entre leur université et un établissement d’enseignement supérieur français (on parle alors de "mobilité encadrée"). 53 % de ces étudiants ont été accueillis en Licence 3, master et doctorat. Les étudiants chinois partent pour 43 % d’entre eux étudier le management, l’économie, les finances, pour 23 % les sciences dures et les sciences de l’ingénieur et pour 9 % le droit et les sciences politiques.

Le salon de l'éducation à Shanghai, un rendez-vous biannuel pour les établissements français. - JPEG

A Shanghai, nous avons constaté une augmentation de 20 % des demandes par rapport à 2010, ce qui révèle le dynamisme universitaire et l’internationalisation croissante de la ville. La part de la mobilité encadrée y est aussi frappante : de l’ordre de 40% de la mobilité totale. Cette augmentation a plusieurs raisons :

- En premier lieu, elle est due à une internationalisation croissante de l’enseignement supérieur chinois. Avec un total de près de 510.000 étudiants en mobilité dans le monde, la Chine représente aujourd’hui, et de loin, le premier pays au monde pour la mobilité sortante (14 %, devant l’Inde et la Corée du Sud). Chaque année, le nombre d’étudiants chinois en mobilité augmente de 2% environ. La possibilité de poursuivre des études à l’étranger et de profiter d’une expérience à l’international est une plus-value qui compte dans la recherche d’un emploi.

- En second lieu, elle est due à une lisibilité croissante de l’offre française de formation. Grâce à l’action concertée de l’ambassade, des consulats, des Espaces Campus France et de leurs antennes mais aussi de nos universités et écoles qui s’internationalisent de plus en plus, les formations françaises acquièrent en lisibilité et sont mieux connues des étudiants chinois, qui voient en la France une alternative de qualité à la poursuite d’études dans les grands pays d’accueil (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie…).

- En troisième lieu, elle est également due à l’attractivité de notre pays. En dix ans, le nombre d’étudiants étrangers en France a augmenté de 75 % ! Les étudiants savent qu’en faisant le choix de la France, ils font le choix d’un enseignement supérieur de qualité pour des coûts d’études très bas, avec de nombreuses filières d’excellence, le tout dans un environnement culturel très riche et accessible à tous ainsi que d’un cadre de vie agréable et de nombreuses aides et subventions.

L'équipe de Campus France accompagne les étudiants chinois dans leurs projets de poursuite des études en France. - JPEG

Les étudiants choisissent la France pour la qualité de la formation (45%), la connaissance de la langue française (37%), la valeur de nos diplômes (33%), l’intérêt culturel de la France (31%), la réputation de l’enseignement supérieur français (31%) et le coût des études (22%). Il y a donc plein de bonnes raisons pour faire des études en France et en être satisfait.

LS : Comment gérer une mobilité d’une telle ampleur ?

SF : En termes de nombre d’étudiants, l’objectif est d’accueillir 50.000 étudiants chinois en France en 2015, conformément à la déclaration conjointe du président chinois Hu Jintao et du Président de la République Nicolas Sarkozy en novembre 2010. Notre priorité est de consolider cette mobilité en attirant les meilleurs étudiants :

- Une priorité aux niveaux master et doctorat (objectif de 66% en 2015) : la meilleure stratégie consiste ainsi à effectuer un master en deux ans en France après avoir décroché son bachelor en Chine. Les premières années à l’université sont en effet très difficiles pour les étudiants étrangers, qui ont besoin d’un temps d’adaptation plus ou moins long. En master, les effectifs sont plus réduits et les étudiants se spécialisent dans une discipline qu’ils maîtrisent déjà. Le cursus de master constitue ainsi le niveau d’études particulièrement privilégié pouvant donner suite, notamment, à des poursuites d’études dans le cadre de la préparation d’un doctorat. Aujourd’hui, un peu plus de la moitié des étudiants internationaux en France s’inscrivent en master ou en doctorat. L’objectif est d’atteindre d’ici 2015 deux tiers au moins des étudiants internationaux à ces niveaux.

- l’encouragement de la mobilité encadrée : 50% des entrées dans les trois ans qui viennent. Les modalités d’accords sont variées et peuvent inclure une bourse d’études, l’obtention de deux diplômes (français et chinois), un service d’accueil, d’accompagnement et de suivi de l’étudiant.

- Nous donnons également la priorité à certaines filières auxquelles nous accordons une grande importance et où notre savoir-faire est internationalement reconnu : le management, l’économie et les finances ; les sciences dures et les sciences de l’ingénieur, les sciences politiques et le droit.

L’enjeu est donc de taille et nos exigences doivent être à la hauteur : ce sont celles de l’excellence. Il est nécessaire que l’étudiant présente un projet d’études cohérent avec son parcours universitaire en Chine, bien préparé et maîtrisé, propre à déboucher sur un parcours de réussite, et en fournissant la preuve d’un bon niveau linguistique.

Echange avec les étudiants chinois. - JPEG

LS : Auriez-vous des conseils à faire partager aux étudiants demandeurs ?

SF : Je voudrais d’abord dire que les étudiants étrangers qui ont choisi la France comme lieu d’études repartent de France le sourire aux lèvres. Comme le montre un sondage réalisé par Campus France-TNS Sofres, neuf étudiants étrangers sur dix se déclarent satisfaits de leur séjour en France et la recommandent comme destination d’études. Quant on sait qu’il y a plus de 280.000 étudiants étrangers en France, ça fait beaucoup de monde de satisfait !

Ces étudiants se souviennent du long parcours qu’il leur a fallu suivre pour venir étudier en France. Je n’ai donc qu’un conseil à donner aux étudiants : préparez bien votre séjour à l’avance. Leur recommander un an de préparation n’est pas exagéré : le succès en dépend, ainsi que d’une réelle motivation :

- Il faut avant tout se donner le temps d’apprendre correctement le français afin de pouvoir suivre les cours en France dans les meilleures conditions mais aussi s’adapter à la vie quotidienne. Le réseau des Alliances françaises est ainsi le meilleur endroit pour étudier le français en Chine.

- Il faut également construire un projet d’études sérieux et bien maîtrisé, en cohérence avec le cursus suivi en Chine, qui aura toutes les chances de déboucher sur un parcours de réussite valorisable sur le marché de l’emploi, et cela prend du temps.

- Les étudiants peuvent prendre rendez-vous avec une conseillère d’orientation pour bien préparer leur projet d’études. Un bon nombre d’outils et d’informations sont disponibles également sur internet, via le site de Campus France Chine et via notre weibo, 法国高等教育署上海中心.

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L’espace CampusFrance de Shanghai

Dernière modification : 11/01/2013

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