Café des sciences à Wuhan : « Recherche scientifique : perspectives et limites » [中文]

Une soixantaine de participants – étudiants des filières francophones, membres de la communauté française, … - se sont retrouvés mercredi dernier dans un confortable salon de l’hôtel Ramada pour cette rencontre organisée par le Consulat Général de Wuhan, CampusFrance et Club France dans le cadre de la semaine de la francophonie.

Le thème proposé ne manquait en effet pas d’attrait, tant pour la qualité des interventions que pour l’actualité du propos ! Un premier tour de table fut l’occasion des présentations ; les professeurs Wang Xiong, spécialiste en ingénierie tissulaire à l’Université de Nancy, Liu Jianfeng, spécialiste en biologie moléculaire à l’Université Huazhong des sciences et des technologies, Eddy Bajic, spécialiste en environnements à intelligence ambiante à l’Université de Nancy, et Wu Hongmiao, spécialiste en linguistique à l’Université de Wuhan, ont brièvement expliqué l’objet de leurs travaux de recherche : la régénération de tissus vivants, qui limite les phénomènes de rejet et le recours à des prothèses, l’identification des récepteurs au niveau des protéines en vue de concevoir de nouveaux médicaments, les techniques de RFID qui confèrent une intelligence aux objets, l’analyse du langage avec des applications en traduction automatique et en reconnaissance du langage. Quoique soulevant beaucoup d’enthousiasme, toutes ces découvertes sont-elles abouties et n’ont-elles que des effets positifs ? Certainement pas, car s’agissant de travaux à l’échelle cellulaire, certaines pratiques ne sauraient être tolérées pour des raisons d’éthique ; de même, les facilités d’accès aux données qu’offre la RFID peuvent porter atteinte à la confidentialité.

JPEG

Une fois ces quelques exemples posés, un débat nourri s’est engagé, entre les experts et avec l’auditoire. L’homme sera-t-il un jour dépassé par les robots ou par des automatismes de tous genres ? De l’avis des experts, non, car si le progrès scientifique a permis les transferts d’intelligence de l’homme vers des objets, ceux-ci ne seront jamais dotés de sentiments, ni d’un réel pouvoir de réflexion … ce challenge est unanimement et définitivement considéré comme hors d’atteinte. Faut-il brider le progrès pour en limiter des effets collatéraux néfastes : toute société qui le déciderait se placerait de facto en situation de stagnation, et donc à plus ou moins longue échéance de régression. En dépit des très nombreux automatismes de recoupement mis en œuvre pour détecter erreurs et anomalies, les technologies de plus en plus complexes ne seront jamais infaillibles … Quel que soit le niveau de développement atteint, l’imprévisible restera probable ; preuve en est la catastrophe que vit actuellement le Japon, suite à une conjonction exceptionnelle de phénomènes naturels !

JPEG

Le progrès scientifique et technique est donc une nécessité pour l’amélioration de notre bien-être. Cependant, s’il est admis que l’erreur est chose humaine (Errare humanum est), peut-être faudra-t-il un jour ajouter qu’ « Errare machinum est » !

Textes et photos de J. Fleck, attaché pour la science et la technologie

Dernière modification : 22/03/2011

Haut de page