5 jours à Wuhan avec Agnès Varda

« C’est merveilleux ». Cette petite phrase en apparence anodine, Agnès Varda la répétera souvent lors de son séjour à Wuhan. Elle pourrait résumer à elle seule le sentiment général qu’a provoqué la venue de l’artiste dans la ville, 55 ans après sa première visite.

Il y a des rencontres que l’on n’oublie jamais. En 1957, WANG Xin Fu est engagé pour faire visiter le lac de l’Est à une jeune photographe française invitée officiellement, chose exceptionnelle à l’époque, par le gouvernement chinois à réaliser un reportage photographique sur la Chine, encore méconnue en France. A l’issue de leur rencontre, pour le remercier de sa patience alors qu’elle prenait des centaines de clichés, la jeune photographe lui offre un petit carnet de photos de Paris.

C’est en lisant le journal, 55 ans plus tard, que WANG Xin Fu a la surprise de reconnaître le visage de celle dont il a précieusement gardé le petit présent toutes ces années. Les traits ont certes légèrement vieillis, mais le regard espiègle lui est toujours le même. Cette jeune photographe est entre temps devenue l’une des figures emblématique de la Nouvelle Vague.
C’est avec beaucoup d’émotion qu’il lui a fait la surprise de lui rendre visite au Musée des Beaux-arts pour lui offrir à son tour un cadeau qu’elle gardera probablement tout aussi précieusement.

JPEG

« Vieille cinéaste, jeune artiste »

Invitée par le Musée des Beaux-arts du Hubei, Agnès Varda a présenté « Les plages d’Agnès Varda en Chine : 1957-2012 », qui propose plusieurs séries de photos, notamment des clichés de la fameuse expédition de 1957, et des œuvres-installations créées ces dernières années, dont le « Patatutopia », sorte de déclaration d’amour au légume le plus humble, créé spécialement pour l’exposition de Wuhan.
L’exposition, ouverte au public jusqu’au 6 mai et totalement gratuite, a déjà rencontré un énorme succès avec pas moins de 10 000 visiteurs pendant le seul week-end de Qing Ming Jie.
La photo d’Agnès Varda posant en 1957 devant le premier pont du Yantgtsé alors en construction a particulièrement plu aux Wuhanais : « J’ai l’impression que le fait d’apporter des photographies faites en 1957 crée une familiarité avec les Chinois qui viennent regarder mes images. Du coup ils ont plus de facilité à comprendre mon travail d’artiste, parce que nous avons quelque chose en commun ». Aux yeux des visiteurs, la « grand-mère de la Nouvelle Vague » apparaît comme un témoin d’une époque révolue. Les jeunes découvrent à travers ses clichés une Chine qu’ils n’ont pas connue et les moins jeunes essayent de reconnaître avec une certaine nostalgie les lieux qui se cachent derrière les images.

Le vernissage a eu lieu samedi 14 avril au Musée des Beaux-arts du Hubei en présence du Consul général de France à Wuhan, M. Serge Lavroff, de nombreuses personnalités chinoises du monde artistique, mais aussi de nombreux fans venus témoigner leur affection à l’artiste. C’est avec bonne humeur qu’elle s’est ensuite installée dans la salle du Patatutopia face à un public conquis pour un échange tout en simplicité.

JPEG

Lundi 16 avril, ce sont une quarantaine d’artistes venus de la province du Hubei qu’elle a séduit lors d’une table ronde organisée de nouveau au Musée des Beaux-arts du Hubei.

A Wuhan, tout le monde en est désormais convaincu : on ne résiste pas à Agnès Varda !

L’exposition « Les plages d’Agnès Varda en Chine : 1957-2012 » est organisée dans le cadre du festival Croisements par le Musée des beaux-arts du Hubei, Ciné – Tamaris et Kaiguan Culture, avec le soutien de l’Ambassade de France en Chine, de l’institut Français, de la Fondation Cartier, de Citroën, de Lenovo et de Vanke.

JPEG

Dernière modification : 26/04/2012

Haut de page