25 et 26 juin 2021 (15h - 18h) : colloque international en ligne La Fontaine et l’Extrême-Orient [中文]

A l’occasion du 400e anniversaire de la naissance du fabuliste Jean de La Fontaine (1621-1695)

avec le parrainage
de l’Association Parlementaire de la Francophonie (Jacques Krabal)
de la Société des Amis de Jean de La Fontaine,
du Centre d’Étude de la Langue et de la Littérature Françaises
(Sorbonne Université et CNRS UMR 8599),
et du Label « 400e anniversaire de la naissance de Jean de La Fontaine » (Château-Thierry)

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Organisation scientifique
PATRICK DANDREY
Professeur émérite à la Sorbonne, Président des Amis de Jean de La Fontaine

Langue du colloque : français
Lien de connexion : https://zoom.us/webinar/register/WN_g9426Cx8SdKNMd1ZxFSnZg

Nº du webinaire :
979 2759 5270

Code secret du webinaire :
172062

25 juin 2021 (9h. France/15h. Chine)

Ouverture du colloque par
OLIVIER GUYONVARCH, Consul général de France à Wuhan
et PATRICK DANDREY, Président des Amis de Jean de La Fontaine

– PARALLELES ET COMPARAISONS –

9h15. France/ 15h15 Chine
ANTOINE BISCERE (Université de Nice, France)
« La tradition ésopique de la fable, du Moyen-Orient à l’Extrême-Orient »

9h 45 Fr. /15h45 Ch
HE JIGUANG
(Ecole doctorale Sorbonne U., Paris, France/Université des langues étrangères de Pékin, Chine)
« La Fontaine et la sagesse du renoncement (France-Chine) »

10h15 Fr. /16h15 Ch.
WANG JIA
(Université normale de Chine du centre)
« Formes et sens de la fable française et de la fable chinoise :
similitudes et différences »

Discussion

11h Fr. /17h Ch.
ZHOU WEI
(Université d’économie et de droit de centre sud, Chine)
« Le serpent dans les légendes urbaines occidentales et chinoises »

11h30 Fr. / 17h30 Ch.
NGUYỄN VĂN THUẬT-THÉO BELLANGER
(Paris, France, vice-président d’Itinéraires vietnamiens)
« Sacrés animaux et animaux sacrés dans les contes vietnamiens »

Discussion

26 juin 2021 (9h. France/15h. Chine)

– RECEPTION ET PROLONGEMENTS –

9h Fr. / 15h Ch.
TAKESHI MATSUMURA
(Université de Tokyo, Japon)
À propos du Choix de Fables de La Fontaine, illustrées par un groupe des meilleurs artistes de Tokio (dir. P. Barboutau, 1894) et des Fables choisies de J.-P. Claris de Florian, illustrées par des artistes japonais (dir. P. Barboutau, 1895)

9h 30 Fr. /15h30 Ch.
ZHANG JUNFENG
(Université des études internationales du Sichuan, Chine)
« Traduire les fables de La Fontaine :
le point de vue du traducteur et celui du lecteur »

Discussion

10h Fr./16h Ch.
Gao Ji
Maître de conférences à l’Institut de littérature et culture comparées à Université de Pékin. Ses principaux domaines de recherche sont : la littérature française des XVIe et XVIIe siècles, l’histoire du livre en Occident, les relations culturelles sino-françaises.

Résumé de sa communication : en présentant les traductions chinoises des fables de La Fontaine, nous montrerons comment l’oeuvre de La Fontaine fait partie de l’influence étrangère ayant joué un rôle crucial dans la genèse des fables chinoises au XXe siècle, avant d’évoquer quelques traces chinoises à Château-Thierry (pays de La Fontaine) dans les années 1920.

10h 45 Fr. /16h45 Ch.
KATSUYA NAGAMORI
(Université de Kyoto, Japon)
« Le pavé de l’ours : un roman japonais sur l’amitié »

11h15 Fr. / 17h15 Ch.
CHOI MIKYUNG
(Université féminine d’Ewha, Corée du Sud)
Fabuleuses histoires des Fables de La Fontaine en Corée

Discussion et fin du colloque

Les participants au colloque :

Antoine Biscéré (Université Côte d’Azur, Nice)
Agrégé de Lettres modernes et docteur en littérature française, Antoine Biscéré enseigne à l’université Côte d’Azur (Nice). On lui doit l’édition des Fables d’Esope en collection Folio (Gallimard) ainsi qu’une étude des sources de La Fontaine (Jean de La Fontaine et la fable ésopique. Genèse et généalogie d’une filiation ambiguë) à paraître aux éditions Champion.

Résumé de sa communication : « La tradition ésopique de la fable, du Moyen-Orient à l’Extrême-Orient »

Héritier des civilisations mésopotamiennes, le genre de la fable dite « ésopique » a connu une transmission et une diffusion proprement fabuleuse durant plus de deux millénaires. Loin d’être l’apanage de la littérature occidentale, il a fait l’objet de multiples appropriations par les cultures moyen- et extrême-orientales tout au long de son histoire. Cette communication se propose d’offrir un modeste aperçu de ces cristallisations méconnues du genre en Orient.

Ressources :
« Les fables d’Ésope : une œuvre sans auteur ? », Le Fablier, n° 20, 2009, p. 9 35.
URL : https://www.persee.fr/doc/lefab_0996-6560_2009_num_20_1_1168

« Ésope illustré. Inventaire raisonné des cycles iconographiques de la Vie d’Ésope (1476 1687) », Le Fablier, n° 24, 2013, p. 13 71.
URL : https://www.persee.fr/doc/lefab_0996-6560_2013_num_24_1_1227.

« Préface » de l’édition d’Ésope, Fables. Précédées de la Vie d’Ésope, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », 2019, accessible en ligne.
URL : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-classique/Fables2

Avec J. Bardot, entretien pour le site La Vie des Classiques (éditions Les Belles Lettres), à l’occasion de la parution de l’édition de la Vie et des Fables d’Ésope dans la collection « Folio Classique », juillet 2020.
URL : https://www.laviedesclassiques.fr/article/entretien-fabuleux-autour-desope-julien-bardot-antoine-biscere.

Radio France (France Culture). Participation, avec J. Bardot, à l’émission La Compagnie des poètes (« Ésope, toute une fable »), produite par Manou Farine avec la collaboration de Thierry Beauchamp, 7 février 2020.
URL : https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-poetes/les-fables-desope.

He Jiguang, doctorant à Sorbonne Université : « Modèles et figures du renoncement au zénith du classicisme français 1675-1680 »

Résumé de sa communication : l’œuvre de La Fontaine et la culture de l’antiquité chinoise sont toutes les deux imprégnées de la sagesse religieuse et philosophique du renoncement, qui implique le retrait du monde et le retour à soi, voire jusqu’aux confins de la perte de soi. Dans le monde lafontainien, le thème occupe une place qualitativement et quantitativement plus importante dans le second recueil des Fables, paru en 1678. Cette présence, selon nous, serait le signe de l’infléchissement du projet des Fables et de la création lafontainienne dans trois directions : une poétique de l’aventure contrariée, où les velléités d’action sont suivies d’un retour à soi ; une éthique du repos, qui va de pair avec l’éloge de la stabilité et de la juste connaissance de soi ; enfin, une esthétique marquée par un lyrisme plus prononcé.

Wang Jia
Professeur associé à l’université normale de Chine du centre
Résumé de sa communication : genre littéraire né dans les premières périodes de l’humanité, qui maintient encore sa vitalité, la fable est un miroir de la société et un répertoire de la culture de l’auteur et de ses contemporains. Les fables françaises – surtout celles de La Fontaine – sont emblématiques de la tradition du genre en Occident. Elles se distinguent des autres fables à travers le monde grâce à la richesse du tissu allégorique du texte – à la clarté des symboles – à l’accessibilité de la morale. A contrario, la plupart des fables chinoises, suivant la voie frayée par le philosophe Tchouang-Tseu, adoptent un mode de narration moins transparent, comme un visage dont on devine les traits dans l’ombre. Elles fascinent, elles impressionnent le lecteur en faisant le choix de la vraisemblance, en préférant l’opacité de l’allégorie au dévoilement et une « arrière-pensée » plus spacieuse.
Malgré ces différences formelles et au-delà des singularités propres à la personnalité de leurs auteurs, les fables de France et de Chine présentent un certain nombre de similitudes – et leurs ressemblances nous révèlent entre les lignes l’éternelle quête de l’être humain : la recherche du bonheur qu’il poursuit au prix de sa lutte pour la survie.

Zhou Wei
Enseignant à l’université d’économie et de droit de centre sud, Chine / Chercheur postdoctoral à l’Université de Shanghai
Résumé de sa communication : le serpent, le symbole du danger, du venin dans la vie quotidienne, de la mort, comme dans Le Serpent et la lime ou Le Villageois et le Serpent écrits par Jean de La Fontaine, est aussi une image fréquente dans les légendes urbaines américaines et européennes. Dans les médias français, nous apercevons les rumeurs des lâchers de vipères ou du « serpent minute » se cachant au coin du supermarché, qui menace la vie des citoyens et reflète toujours l’angoisse de la société moderne ; tandis que dans les légendes modernes chinoises, la même bête dangereuse joue encore le rôle de malédiction et de prédiction du temps passé. D’Échidna à Nuwa, de Mélusine à la légende du serpent blanc, les images chinoises et occidentales sont similaires et différentes. En comparant les figures différentes de cet animal dans les légendes urbaines, nous voyons les conceptions distinctes issues de la littérature folklorique antique.

Théo Bellanger– Nguyên Van Thuât
Agrégé de Lettres Modernes / Vice-président d’Itinéraires Viêt-Nam
Résumé de sa communication : les fables et les contes sont une lumière sur la relation entre animalité et humanité. Ils sont ce va-et-vient permanent entre les genres et le dialogue, bruyant ou silencieux, qui se déroule entre l’homme et l’animal. Laissons alors parler les animaux, laissons-les nous séduire, nous faire sourire, ici et ailleurs, chez La Fontaine et les contes vietnamiens. Hybrides chez le premier, totémiques ou philosophiques chez les seconds, les formes animales sont plurielles. Doués de raison et de parole, les animaux n’ont pas la même valeur d’un monde à l’autre.

Takeshi Matsumura
Professeur à l’Université de Tokyo, correspondant étranger de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Résumé de sa communication : en présentant rapidement l’orientaliste Pierre Barboutau, il sera montré comment il a réalisé deux publications illustrées par plusieurs artistes japonais : Choix de Fables de La Fontaine (1894) et Fables choisies de J.-P. Claris de Florian (1895).

Zhang Junfeng
Professeur de français à l’Université des études internationales du Sichuan (SISU) et docteur de l’Université des études étrangères du Guangdong
Œuvres traduites (liste non exhaustive) : La Vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre (2012), Les Essais de Michel de Montaigne (2015), La Splendeur dans l’herbe de Patrick Lapeyre (2018).
Résumé de sa communication : en tant que traducteur, lorsqu’on traduit une œuvre, doit-on prendre la responsabilité/être le représentant de l’auteur, de l’œuvre ou du lecteur ? Au cas où la trinité organisée de ces trois éléments se divise, il est nécessaire d’y réfléchir. A l’aide de deux fables de La Fontaine, Le Loup et L’Agneau, La Cigale et La Fourmi, nous poserons des questions sur la responsabilité du traducteur et essaierons de proposer des analyses.

Katsuya Nagamori
Professeur de littérature française à l’Université de Kyoto (École doctorale des Lettres). Ses recherches portent sur la poétique de la tragédie classique et sur la tragédie racinienne en particulier
Résumé de sa communication : cette intervention se propose d’étudier un exemple relativement récent de la réception littéraire de La Fontaine au Japon. Le roman de Toshiyuki Horie (lauréat du prix Akutagawa en 2000) s’inspire de la fable « L’ours et l’amateur des jardins » (VIII, 10) pour développer un récit en apparence anodin, riche en digressions, mais qui aboutit à l’interrogation lafontainienne : l’amitié, même bien intentionnée, ne risque-t-elle pas d’être indiscrète, voire encombrante ?

Choi Mikyung
Professeure, interprète de conférence
GSTI, Université féminine d’Ewha, Corée du Sud
Résumé de sa communication : les Fables de La Fontaine, dont la première traduction officielle remonterait à 1927, ont connu, depuis, un destin fabuleux en Corée. Les éditeurs y ont vu surtout un intérêt éducatif et moralisateur en les adaptant en récits brefs, en contes ou sous la forme de BD pour enfants, au mépris de la beauté stylistique de l’original, de la morale désabusée de l’auteur et, bien sûr, du genre. Certaines fables sont semblables à d’anciennes fables coréennes. C’est le cas de « la cigale et la fourmi » et de son homologue coréenne « la fourmi et la sauterelle ». Les Fables en Corée ouvrent ainsi un vaste champ d’études en traductologie sur la réception d’un texte, son adaptation et sur la notion de fidélité en traduction.

Patrick Dandrey (organisation scientifique)
Professeur émérite à la Sorbonne. Membre de la Société royale du Canada, président des Amis de Jean de La Fontaine et directeur de la revue Le Fablier, spécialiste de l’œuvre de ce poète, du théâtre de Molière et de la littérature française du XVIIe siècle, il s’est également intéressé à l’histoire antique et ancienne de la mélancolie et des maladies de l’âme et de l’esprit (nostalgie, lycanthropie, possession, fanatisme, mal d’amour) dans le sillage de sa thèse de doctorat consacrée à la médecine dans les comédies de Molière.
Il a publié sur ces sujets près de 200 articles, une vingtaine d’études et essais, dirigé autant de collectifs et autant d’éditions critiques, aux Belles Lettres, chez H. Champion, Flammarion, Gallimard, Hachette, Hermann ou Klincksieck, il y dirige plusieurs collections éditoriales et intervient périodiquement sur les ondes de la radio et de la télévision françaises.
Site : http://patrickdandrey.com/
Contact : Patrick.Dandrey@sorbonne-universite.fr

Ressources :
France 2. Invité référent de l’émission « Secrets d’Histoire : Jean de La Fontaine », présentation Stéphane Bern, 22 août 2019. 21h05. Reprise de l’émission 17 mai 2021 sur France 3.

5 /01/ 2016. France-Culture. Les Nouveaux chemins de la connaissance, « Les animaux (2) », par Adèle Van Reth. 10h-10h50. « Jean de La Fontaine ».

12 /03/ 2017. France Culture / On ne parle pas la bouche pleine. Emission d’Alain Kruger, le dimanche de 12h à 12h30. Invité : Patrick Dandrey. « La nourriture dans les Fables de La Fontaine ».

8 /05/2019. France-Culture. « Concordance des temps », Jean-Noël Jeanneney, 10h-11h. « Jean de La Fontaine, au vif du présent ». la-fontaine-au-vif-du-present

22 octobre 2020, France Culture, « Les chemins de la philosophie » (Adèle Van Reeth) : « Saint-Simon : prendre le pouvoir par l’intrigue » (pour écouter l’émission, cliquer sur ce lien)

18 janvier 2021. France Culture. « Les chemins de la philosophie » (Adèle Van Reeth) « La Bruyère. “Je rends au public ce qu’il m’a prêté ” » (Pour écouter l’émisson : les-chemins-de-la-philosophie-emission-du-lundi-18-janvier-2021)

Ouvrages :
La Fontaine ou les métamorphoses d’Orphée. Gallimard, « Découvertes », 2008
Quand Versailles était conté. La cour de Louis XIV par les écrivains de son temps. Les Belles Lettres, 2009.
La fabrique des Fables. Suivi de Pour comprendre (enfin ?) La Cigale et la Fourmi. Klincksieck, 2010.
Dix leçons sur le premier recueil des Fables de La Fontaine (1668), Hermann. 2019

A noter : le visuel du colloque a été réalisé par Eight Immortals Co Ltd, étudiants en 3ème année à l’école de design graphique de l’université Jianghan (Wuhan) sous la direction d’Ivan Segura Lara.

Dernière modification : 23/06/2021

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