17ème CAFE DES SCIENCES Les enjeux de l’énergie, après Fukushima [中文]

La consommation primaire d’énergie dans le monde a cru de 25% dans la dernière décennie, bien plus que la population mondiale, et ce rythme devrait rester soutenu, compte tenu de l’explosion de la consommation dans les pays émergents, en particulier en Chine. Si la consommation d’énergie par habitant décroît lentement dans les pays dits développés, elle croît fortement dans les pays émergents, très fortement en Chine, et continuera à y croître.

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Les énergies renouvelables électriques, essentiellement l’hydraulique, et les agrocarburants ne représentent que 3% de la consommation mondiale d’énergie primaire, tandis que la combustion ancestrale du bois et de ses dérivés, difficile à estimer, plafonnerait à 10% de celle-ci. Les agrocarburants, très contestables, ont connu un fort développement pendant cette dernière décennie. Le développement des énergies éoliennes et solaire photovoltaïque est freiné par des verrous technologiques (intermittence et, dans le second cas dilution) qui les rendent à ce jour ces énergies non rentables, hors subventions. En l’absence d’une révolution technologique, l’essor indispensable des énergies renouvelables restera limité par rapport aux besoins énergétiques mondiaux.
L’économie mondiale de l’énergie reposera toujours dans les décennies à venir sur le charbon, le gaz, le pétrole (ou plutôt des hydrocarbures non conventionnels très abondants) et le nucléaire, dans des proportions très variables d’un pays à l’autre. Les hydrocarbures et le charbon conduisent à des pollutions chimiques diffuses et permanentes sur tout le territoire, à des émissions non naturelles de CO2 et à des catastrophes périodiques (marées noires, coups de grisou,etc.). Le nucléaire conduit, lors d’un accident grave, mais probabiliste, à des pollutions radioactive et chimique très intenses, mais relativement localisées, et surtout à des traumatismes majeurs dus au stress et aux déplacements de populations. L’arbitrage entre combustibles fossiles et nucléaire relève du corps social, qui devrait, dans l’idéal, être informé de l’ensemble des risques mais aussi des enjeux économiques, environnementaux et sociaux associés aux différents choix.
Jean Taine est professeur à l’Ecole Centrale de Paris, Laboratoire d’Énergétique Moléculaire et Macroscopique et auteur de deux ouvrages « Les enjeux de l’énergie, après Fukushima », 2012 et « Transferts thermiques - Introduction aux transferts d’énergie », 2010.

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Dernière modification : 16/06/2014

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